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Fiction-image-language-emotion (2012-2013)

FILE seminar, in connection with AVE and FICTION ANR projects, will focus on the study of emotions in art and fiction, by bringing together aesthetics, philosophy of mind, Chinese philosophy, theory of Chinese arts and cognitive sciences. We will explore, on the one hand, the relationship between perception of brush strokes and both emotional and aesthetic expressiveness (AVE) and, on the other hand, the nature of our emotional responses to fictions (FICTION).

Venue: seminar room of the Institut Jean-Nicod, ground floor, Pavillon Jardin, 29 rue d’Ulm 75005 Paris

FILE sessions:

December 5th from 3pm to 5pm: Thierry Sarfis

Le graphisme est interaction

La conférence " le graphisme est interaction" - à partir de nombreux exemples graphiques qui traitent du niveau émotionnel - va décortiquer la construction d’un message visuel dans ses différentes étapes et les différents types d’interactions entre fond, forme et fonction. Sera aussi abordé le problème du difficile équilibre entre utilité et plaisir.
Certains aspects techniques liés aux types de contrastes utiles pour hiérarchiser et ordonnancer les informations seront visualisés et on étudiera comment l’association de ces visuels est créatrice de sens symbolique grâce aux figures de style.


December 6th from 10am to 12am: Agnes Moors (Ghent University and University of Geneva)

How do psychological theories of emotion explain that fiction can elicit emotions?

Starting from the observation that both real and fictional stimuli can cause emotions, the questions arise whether or not these two types of emotions (a) are different in nature (i.e., have different features), and (b) are caused by different underlying processes (and what these processes look like). I will tackle these questions from a psychological-theoretical perspective.I present an overview of four major psychological theories of emotion : appraisal theories, network theories, affect program theories, and constructivist theories. I discuss ways in which these theories define emotions, as well as the processes that they propose as being involved in emotion causation. After that I examine how these theories might fit emotions caused by fictional stimuli in their theories and how they would answer the above-mentioned questions.

 

January 16th from 3pm to 5pm: Yolaine Escande (CNRS-CRAL)

Tracé chinois et émotion

Le trait de pinceau sert de fondement à l’écriture et à la peinture en Chine, c’est à lui qu’est attribué la première qualité qui fait de ces activités des arts, à savoir l’émotionnalité. La conférence portera sur l’émotionnalité liée au tracé au pinceau dans l’écriture chinoise, en différenciant les styles d’écriture, mais aussi en peinture, notamment de « montagnes et d’eaux », expression qui désigne le paysage littéraire et pictural. Elle examinera les principes de composition des caractères chinois qui déterminent ceux de la peinture, et qui induisent un rapport au paysage qui ne vise pas à l’imitation ou à la représentation, ce qui explique l’absence de perspective au point de vue unique. Enfin, sera abordée la façon dont l’émotionnalité permet de faire le lien entre celui qui produit l’œuvre et celui qui la regarde.

 

January 17th from 10am to 12am: Margherita Arcangeli (IJN)

La Fiction dans l’Émotion

Depuis plus de quarante ans, les philosophes luttent avec le « paradoxe de la fiction » dans le but de comprendre la nature des émotions que nous ressentons à l’égard de personnages et d’événements reconnus comme fictifs. Quelle est la nature de la tristesse ou de la joie qui n’est pas liée à une perte réelle ou à une vraie satisfaction  ? Une voie nouvelle pour aborder le paradoxe est la prise en compte des données neurologiques et physiologiques. En fait les neuro-psychologues n’ont pas encore été explicitement concernés par le paradoxe de la fiction, mais plutôt par la question plus générale des fondements cognitifs, d’une part, de nos émotions et, d’autre part, de notre niveau d’immersion dans les fictions. C’est ici que le projet FICTION s’insère pour proposer un modèle neuro-cognitif du paradoxe de la fiction.

 

February 14th from 10am to 12am: Pascale Piolino et Marco Sperduti (Université Paris Descartes, Institut de Psychologie)

Approche neuroscientifique de la Mémoire Autobiographique et du sentiment de réalité

La mémoire autobiographique est un système de mémoire typiquement humain que nous permet d’enregistrer les événements saillants de notre vie, d’imaginer notre futur et d’édifier un sentiment de continuité et d’identité. Jadis considéré comme un système monolithique, des modèles récents ont proposé plusieurs subdivisons dans le « self-memory system », en particulier entre une composante épisodique et une sémantique. Ces avancements théoriques ont permis aussi de mieux comprendre les phénomènes cérébraux liés à la mémoire autobiographique. Un réseau comprenant des structures dans la surface médiane du cerveau semble être à la base de ce processus. Par ailleurs, certaines structures, surtout dans le lobe frontal, semblent être impliquées dans la distinction entre réalité et imagination ou fiction et être modulées par l’importance personnel du matériel à élaborer. Ainsi, les recherches en neurosciences soulignent le lien étroit entre représentation de soi et réalité.


March 13th from 3pm to 5pm: Alessandro Pignocchi (IJN)

La perception motrice du dessin

Nous savons tous utiliser un crayon, ne serait-ce que pour écrire et produire quelques dessins rudimentaires. Je défendrai l’idée selon laquelle ce savoir-faire nous permet de percevoir les traits d’un dessin comme le résultat d’actions que nous aurions nous-même pu produire. Pour notre système perceptif, un trait a une direction, une vitesse, une pression et il s’organise en séquence dynamique avec les traits voisins. Cette « perception motrice » participe, parallèlement à d’autres processus cognitifs, à la (re)construction de la démarche intentionnelle à l’origine du dessin. Je discuterai du rôle joué par ce mode de perception dans l’appréciation d’un dessin, l’identification d’un style et de ses influences.

 

March 14th from 10am to 12am: Florian Cova, Amanda Garcia et Vanessa Sennwald (Centre Interfacultaire en Sciences Affectives, Université de Genève)

Manipuler les émotions face à la fiction : Fins alternatives, sentiment de réalité, et genre

Dans cette conférence, nous examinons tour à tour deux solutions philosophiques différentes au paradoxe de la fiction d’un point de vue empirique. Dans un premier temps, nous examinons la thèse selon laquelle les émotions ressenties face à la fiction sont d’authentiques émotions, qui reposent sur des croyances au sujet de « ce qui est vrai dans la fiction ». Pour mettre cette théorie à l’épreuve, nous examinons de quelle façon nos émotions sont affectées quand il devient impossible de déterminer « ce qui est vrai dans la fiction » et pourquoi les fins alternatives sont si rares dans la fiction.
Dans un deuxième temps, nous examinons la thèse selon laquelle les émotions ressenties face à la fiction constituent un type d’états mentaux tout à fait particulier. Nous présentons alors deux expériences en cours. La première vise à étudier directement ce que vient changer au niveau émotionnel la croyance que quelque chose est réel ou fictif. La seconde vise à comparer l’impact du genre d’une fiction sur nos réactions émotionnelles, et la façon dont cet impact est pondéré par nos croyances au sujet du caractère fictionnel ou non de ce texte.


April 10th from 3pm to 5pm: Johanna Fassl (Franklin College Switzerland and Columbia University)

Possibilities and Impossibilities : Newton’s Discovery of White Light and its Implications for Eighteenth-Century Venetian Art

The talk will investigate the importance of Newton’s discovery of the composition and property of light for a circle of artists associated with the radical Enlightenment in Venice. It will discuss the representation of the material property of light in the brushwork of the Giantonio Guardi and Giambattista Tiepolo and calibrate this type of idiom and rhetoric within the wider European intellectual culture of the time. What we find on the canvases of the early modern painters sets the stage for modernity, anticipating Impressionism, even Surrealism. In a final stage, the talk will touch on what modern neuroscience has revealed about consciousness formation and how the eighteenth-century artists and philosophers had an acute sense of how the human brain works

 

April 11th from 10am to 12am: Stefano Mastandrea (University of Rome 3)

Aesthetic experience, emotion and automatic art processing

First part
Most psychological perspectives on the aesthetic experience argue that it is the outcome of the coordinated action of different mental processes such as perception, attention, memory, imagination, thought, and emotion.
An important aspect of the aesthetic judgment is the role played by emotions that characterize this experience (Frijda, 2007 ; Scherer, 2004 ; Tan, 2000). The term aesthetic emotion refers to emotions arising during the process of aesthetic appreciation, such as when we observe an artwork
Several theories of emotion can be subsumed within the most current psychological perspective according to which emotions can be better studied and understood using a multi-componential approach (Frijda, 1986 ; Lazarus, 1991 ; Scherer, 1984, 2001), and in which an emotional episode is seen as consisting of a sequential and coordinated series of changes to different cognitive components : 1) appraisal, 2) arousal, 3) the expressive, 4) the motivational and 5) the subjective experience component. The focus will be on the explanation of the role of each component in the aesthetic experience.

Second part
Findings from empirical studies recently conducted will concern the existence of the automatic aesthetic evaluation. Several researches, employing explicit measures, have shown a general preference for figurative pictures compared to abstract ones (Feist & Brady, 2004) and for classical architecture rather than contemporary ones (Stamps & Nasar, 1997).
The aims will concern the existence of an automatic aesthetic evaluation : when we observe an artwork, an architecture or a design object, does the primary affective evaluation, in terms of pleasant or unpleasant, automatically appear to our mind ?
Three studies conducted using the Implicit Association Test will be reported. Findings of the first two studies on art and architecture showed that naive participants implicitly preferred figurative art and classical architecture (compared to abstract art and contemporary architecture), registering shorter latency times in associating positive adjectives to these categories (Mastandrea, Bartoli & Carrus, 2011). The third study aims to verify if expertise on industrial design (laypeople vs. experts) can orient implicit and explicit preferences towards different styles (classical vs. modern) of design chairs . Preferences resulted being moderated by expertise : experts were more aesthetically oriented towards modern than classical chairs while laypeople did not show a clear preference.
Results show that at some initial stage of the aesthetic experience preferences can also be experienced automatically. Automatic aesthetic processes within models of aesthetic experience will be discussed.


May 22nd from 3pm to 5pm: Liang Yang (calligraphe et rédacteur en chef aux journaux chinois Nouvelles d’Europe et Europe Weekly.)

Les relations entre les œuvres calligraphiques et l’expression des émotions

Le propos essentiel de cette intervention est le suivant : à travers ma propre expérience concrète d’artiste calligraphe, je m’aperçois que les œuvres calligraphiques n’expriment pas les sentiments personnels du calligraphe, ni même les sentiments personnels et concrets de celui qui apprécie la calligraphie… la calligraphie ne peut exprimer des sentiments concrets ou personnels et individuels. Comme l’a perçu Hegel : « tout ce qui est universel et purement abstrait ne peut se transformer en phénomène concret ». Etant donné que la calligraphie est fondamentalement une écriture composée à partir de traits abstraits, ses signes abstraits ne sont pas l’imitation d’objets symbolisant des émotions, elle manque d’un pont entre les émotions concrètes des gens qui font qu’ils diffèrent entre eux, ce qui veut dire que l’allure formelle de tout trait et ses transformations ne peuvent en aucun cas correspondre exactement à une émotion précise (sauf dans le cas où la calligraphie imiterait un objet symbolisant des émotions comme le fait la peinture).

 

May 23rd from 10am to 12am: Derek Matravers (Open University)

The Paradox of Fiction : Not a Paradox, and Not about Fiction.

Since Colin Radford’s paper ‘How Can We Be Moved by the Fate of Anna Karenina?’ was published in 1975, philosophers (and others) have taken there to be a problem with our psychological interactions with fictional characters. This has become known as the ‘paradox of fiction’. The dominant view on this problem is that of Kendall Walton. This paper argues that there are a number of different problems that are discussed under this heading. Some of those (in particular, those raised by Radford) are not problems at all and others (in particular, one raised by Walton) are problems, but not problems particular to fiction. In short, ‘the paradox of fiction’ is neither a paradox nor is it related to fiction.

 

June 21st from 3pm to 5pm: Robert Stecker (Central Michigan University)

Film Narrative Reception : Seeing-In, Imagined Seeing, and Imagining that

This talk initially addresses the debate about whether we imagine seeing characters and their actions in films. There are several different imagined seeing theses that have been advanced. What I shall call the general thesis is simply that we imagine, in some manner or other, seeing characters in films. I bypass the standard objections that have already advanced against this thesis, to argue that the concept of seeing-in can be used to develop an alternative account of our experience of fictional films that has all of the advantages of the general imagined seeing thesis, but none of the purported problems. I then turn to another, more controversial imagined seeing thesis which asserts that in engaging with mainstream narrative films, we do not imagine seeing characters directly, but through a motion-picture-like medium. Call this the mediated version. This version is important because it is a crucial step in arguing that mainstream films typically have narrators. I offer three objections to this thesis and show that an argument for the thesis offered by George Wilson can be undercut if we adopt the seeing-in account.
Finally, I ask about the actual contribution of the imagination in the reception of narrative films. It is plausible that our emotional involvement with a film-fiction requires at least propositional imagining The seeing-in view is compatible with the idea that there are many aspect of a fiction that we propositionally imagine. I distinguish three kinds or degrees of imaginative involvement in a fiction world, and, based on this distinction, try to resolve a debate about the nature of emotional responses to fiction.

ANR